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Rencontre et handicap : une enquête révèle les principaux obstacles et les attentes des personnes concernées en Auvergne-Rhône-Alpes

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Pour mieux comprendre ces réalités, le Centre Ressource Intimagir Auvergne-Rhône-Alpes a lancé un questionnaire sur la rencontre. 62 personnes en situation de handicap de la région y ont répondu. Les résultats mettent en lumière des difficultés importantes, mais aussi des pistes d’action concrètes pour favoriser le droit à une vie intime, affective et sexuelle épanouie.

Cette enquête a été réalisée dans un délais très court, 3 semaines, ce qui explique que le nombre de réponses ne soit pas plus élevé. De plus, le questionnaire n’a pas été envoyé aux établissements. Ce premier questionnaire ouvre la voie à d’autres plus approfondis, sur des thématiques cibles. Merci à Julien pour son aide précieuse et sa réactivité.

Des difficultés largement partagées

Premier constat : les difficultés à faire des rencontres sont fréquentes.

Près de trois personnes sur quatre (74 %) déclarent rencontrer des difficultés « parfois », « souvent » ou « tout le temps ». Plus d’une personne sur cinq indique même que ces difficultés sont permanentes.

Les hommes apparaissent davantage concernés par des difficultés chroniques, tandis que les personnes non binaires, bien que peu nombreuses dans l’échantillon, rapportent également un niveau élevé de difficultés.

L’enquête montre aussi que les obstacles évoluent selon les périodes de vie. Les personnes âgées de 36 à 50 ans semblent particulièrement concernées, une période où les responsabilités familiales et professionnelles peuvent rendre les rencontres encore plus complexes.

Des difficultés largement partagées

Lorsqu’on demande aux répondants comment ils souhaitent faire des rencontres, deux modalités ressortent très nettement :

  • le réseau d’amis et de la famille (62,9 %),
  • les activités et événements organisés (51,6 %).

Ces résultats montrent l’importance des rencontres en présentiel et des espaces permettant des échanges dans un cadre sécurisant.

Les sites et applications de rencontre restent utilisés par un tiers des répondants (33,9%). Ils offrent davantage de possibilités de contrôler la manière dont chacun présente son handicap, mais n’effacent pas les difficultés liées au rejet, au ghosting ou aux discriminations.

Des obstacles multiples

Les témoignages recueillis mettent en évidence plusieurs types de freins.

Le regard porté sur son propre handicap peut limiter les initiatives et nourrir un sentiment de rejet avant même la rencontre.

Certaines personnes, notamment présentant un trouble du spectre de l’autisme (TSA), évoquent également des difficultés à comprendre les codes implicites de la séduction, à interpréter les intentions de l’autre ou à maintenir les échanges dans le temps.

Le moment où il faut parler de son handicap est souvent vécu avec appréhension.

Les personnes interrogées évoquent notamment :

  • la peur d’être réduites à leur handicap ;
  • la difficulté à faire comprendre un handicap invisible ;
  • les stéréotypes et préjugés ;
  • la crainte de comportements malveillants ou manipulateurs.

Plusieurs témoignages rappellent également l’importance de mieux sensibiliser aux questions de consentement et de prévention des violences.

Selon les situations, les obstacles peuvent être très différents :

  • accessibilité des lieux pour les personnes à mobilité réduite ;
  • difficultés de communication ;
  • fatigue ou problèmes de santé ;
  • peur d’une rechute pour certaines personnes vivant avec un handicap psychique…

Ces réalités montrent qu’il n’existe pas une seule expérience du handicap, mais une diversité de parcours nécessitant des réponses adaptées.

Les répondants soulignent enfin un manque d’espaces de rencontre accessibles, notamment en dehors des grandes agglomérations.

Certaines zones rurales de la région offrent très peu d’activités inclusives, ce qui accentue l’isolement.

À cela s’ajoutent parfois les contraintes financières liées aux déplacements ou aux abonnements des plateformes de rencontre.

Ce que les personnes souhaitent voir évoluer

L’enquête fait ressortir une attente très forte : disposer davantage d’espaces favorisant les rencontres.

Les personnes interrogées proposent notamment :

  • des cafés-rencontres ;
  • des soirées conviviales ;
  • des micro-datings ;
  • des séjours de courte durée ;
  • des activités autour de centres d’intérêt communs ;
  • des événements inclusifs réunissant personnes en situation de handicap et personnes valides.

Certaines souhaitent des espaces entre pairs, d’autres privilégient des rencontres pleinement inclusives. Ces deux approches apparaissent complémentaires.

Mais les attentes vont bien au-delà de la création d’événements.

Les répondants appellent aussi à une véritable évolution des représentations de la société sur la vie intime, affective et sexuelle des personnes en situation de handicap. Ils souhaitent une société plus inclusive, moins stigmatisante et davantage consciente que chacun a le droit d’aimer, d’être aimé et de construire des relations.

Des enseignements pour agir

Malgré les limites inhérentes à cette enquête, les résultats constituent une base précieuse pour orienter les futures actions d’Intimagir Auvergne-Rhône-Alpes et de ses partenaires.

Ils confirment notamment l’intérêt de développer :

  • des espaces de rencontre accessibles et inclusifs ;
  • des actions de sensibilisation du grand public ;
  • des formations autour des habiletés sociales et relationnelles ;
  • des ressources favorisant le respect du consentement et la prévention des violences.

Parce que la vie intime, affective et sexuelle est un droit fondamental, ces enseignements contribueront à renforcer les actions menées sur le territoire pour permettre à chacun de vivre des relations choisies, respectueuses et épanouissantes.

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